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La réduction à la source est évidemment le moyen le plus efficace de réduire son empreinte environnementale. Par conséquent, une entreprise réellement engagée dans une démarche DD devrait aller jusqu’à encourager ses clients à ne pas acheter ses produits si les clients n’en ont pas besoin. Mieux encore, elle devrait leur donner des conseils pour éviter d’avoir à acheter ses produits en proposant des alternatives!

Trop extrême, vous dites? Patagonia l’a pourtant fait, et pas à moitié!

Pourquoi ça marche?

Cette pub de Patagonia a été citée comme l’une des plus percutante de l’année 2011. Non seulement fait-elle parler d’elle, mais on en parle pour les bonnes raisons.

 

Dans le cadre de l’émission d’Isabelle Maréchal au 98,5 FM, j’ai eu l’occasion de participer en compagnie de Mario Laquerre, de Recyc-Québec, à une tribune sur le recyclage.

Vous pouvez écoutez l’extrait ici.

Parmi les mythes revus et corrigés:

  • La boîte de pizza souillée est-elle recyclable?
  • Que fait-on avec le verre brisé?
  • Les sacs réutilisables sont-ils réellement plus verts?
  • Que faire avec les batteries et autres appareils électroniques?

Aussi Mario Laquerre m’a confirmé hors ondes qu’en cas de doutes, mieux vaut envoyer votre déchet au centre de tri, quitte à ce qu’il soit redirigé vers le site d’enfouissement. Oui, cela aura plus d’impacts environnementaux dû au transport supplémentaire. En revanche, cela contribue à augmenter la quantité de matière recyclée au total.

Autrement dit, mieux vaut envoyer au recyclage un déchet non recyclable qu’un déchet recyclable à l’enfouissement.

Dans le livre Le grand mensonge vert, nous consacrons un chapitre complet sur la question des étiquettes carbones. Tel qu’anticipé, le Québec se lance dans un programme ambitieux.

Hier, le MDEIE a annoncé le lancement d’un programme de subvention de 24M$ sur trois ans pour aider les entreprises à quantifier leurs émissions de gaz à effet de serre (GES) et obtenir une certification d’empreinte carbone.

Au cours des prochains mois, 10 entreprises participeront à une phase pilote pour évaluer différentes méthodes de certification. Le ministère a mis en ligne le site Empreinte carbone Québec pour présenter le programme et informer le public de l’avancement des projets.

Le programme sera ensuite officiellement accessibles aux entreprises qui désirent y participer à partir de la fin de l’année 2012, voire au début 2013. Au total, une entreprise aura droit à une subvention pouvant atteindre 40 % de ses dépenses jusqu’à concurrence de 150 000 $.

Vous pouvez écouter un reportage sur le sujet à l’émission Classe économique à Radio-Canada diffusée lundi le 27 février 2012.

Pour ceux qui sont intéressés à en savoir plus, je vous invite à me contacter directement.

Une bonne nouvelle?
Jusqu’à présent, je sens énormément de scepticisme sur ce type d’initiative, tant dans la communauté d’affaires que chez les consommateurs. Pourtant, à mon avis, il s’agit d’un programme qui un potentiel très intéressant pour réduire les émissions de GES.

Pourquoi?

Parce que contrairement à une taxe ou à un marché de carbone, où il est question de mettre un prix sur les GES, une étiquette carbone consiste à rien d’autre que la transparence totale. Dans l’exemple ci-dessous, on constate qu’un jus d’orange a une empreinte carbone de 260g de CO2 équivalent comparativement à 360 g pour l’autre marque.


Pour le consommateur:
il peut faire le choix en toute connaissance de cause.

Pour les fabricants:
pour la première fois de leur histoire, ils sont évalués sur autre chose que le prix, la qualité ou le service à la clientèle. Il y a donc un incitatif de différentiation qui stimulent la course aux réductions de GES.

Pour le Québec:
C’est un moyen extraordinaire pour mettre en valeur notre grille énergétique composée à plus de 90 % d’énergies renouvelables, particulièrement sur les marchés d’exportation. À moyen terme, cela pourra contribuer à attirer des entreprises ici parce qu’elles veulent profiter d’une énergie plus propre.

Aussi faut-il souligner que les organisations qui sont réellement performantes peuvent enfin, et de manière crédible, se démarquer de tous les messages à saveur de greenwashing qui existent.

Suis-je le seul à trouver qu’il y a plus d’avantages que d’inconvénients avec cette initiative? Qu’en pensez-vous?

greenwashing, écoblanchiment, péchés du maquillage vert

Vendredi dernier, l’émission JE a fait un reportage sur le greenwashing et le marketing vert. Vous pouvez écouter le reportage ici.

Ceux d’entre vous qui arrivez ici pour la première fois, je vous invite à découvrir les billets précédents et à vous abonner au blogue (il suffit de vous inscrire dans le coin à droite)  pour recevoir gratuitement toutes les nouvelles. Nous aimons dénoncer les mauvaises pratiques, présenter les dernières études qui revoient les mythes et partager avec vous les outils pour acheter plus intelligent.

Si vous en voulez davantage, vous pouvez également consulter le blogue La prochaine évolution industrielle et nous suivre sur Twitter (@jstrudel et @kathy_noel)

Bonne lecture!

C’est que ce qu’une étude nous apprend ce matin.

Que l’on se fasse avoir comme consommateur par des affirmations mensongères sur les emballages est déjà inquiètant. Mais d’apprendre que les produits contiennent des substances déjà interdites est tout à fait inacceptable.

Dans l’article de la Presse, un spécialiste nous dit que «Même si on privilégie les aliments biologiques, il faut rester vigilant et critique». Je veux bien, mais comment?

Quelqu’un me disait cette semaine que seulement 2% des produits alimentaires sur le marché font l’objet d’une analyse poussée par Santé Canada. On s’entend que les coûts seraient trop élevés de le faire sur 100% des produits, mais nous sommes en droit de se demander si 2% est suffisant pour assurer la protection du publique.

Peut-être cela protège-t-il efficacement contre les intoxications sévères et l’empoisonnement, mais qu’en est-il des effets à long terme de petites doses de substances dites cancérigènes, comme l’arsenic, ou encore potentiellement cancérigène. Des traces de pesticides en passant par les OGM, nous devons reconnaître que même en voulant rester «vigilant et critique», il y a un manque de transparence qui ne peut plus durer.

À l’ère des banques de données et des mobiles intelligents, il me semble que nos gouvernements peuvent faire mieux, et ce dans des coûts tout à fait raisonnables.

On parle souvent la fracture numérique, qui touche les gens n’ayant pas accès aux technologies de l’information. Par conséquent, ils deviennent de plus en plus isolés. Exemple: les propriétaires de téléphones intelligents – qui naviguent en ligne pour trouver le resto le plus près grâce au GPS – dénoncent tout naturellement l’inutilité du bottin téléphonique. Pour ceux qui ne sont pas branchés, la disparition du bottin serait un choc.

Ça viendra, j’imagine. On n’arrête pas le progrès, dit-on.

Entre-temps, je constate que ce même genre de fracture est en train d’émerger sur le plan environnemental. La réalité de ceux qui ont adopté des comportements plus responsables, du compostage à l’autopartage, est complètement différente de ceux pour qui se promener en SUV est un signe de réussite sociale. Les attentes des premiers envers les moins sensibilisés sont néanmoins immédiates: on ne peut comprendre pourquoi il n’éteint pas son gros moteur en attendant fiston devant l’école. Comment se fait-il qu’il arrose encore sa pelouse de pesticides?

Or, dans la plupart des cas, il a fallu plusieurs mois, voire des années, pour tranquillement intégrer ces meilleures pratiques à nos habitudes. Ce n’est pas parce que c’est difficile à mettre en oeuvre, mais parce qu’il faut du temps pour changer nos comportements, pour créer de nouvelles habitudes, pour comprendre pourquoi c’est nécessaire.

Ceux qui sont «victimes» de la fracture environnementale ne sont pas de mauvaises personnes. Leur réalité, leur baggage de vie, leur environnement et leurs valeurs ne sont simplement pas les mêmes. En tant qu’acteurs de changements, je crois que nous devons nous rappeler constamment à quel point ce clivage peut être important.

C’est comme au golf. Vous ne pouvez pas vous attendre à ce que votre partenaire, qui joue plus de 100 coups par partie, corrige son élan parce que vous lui avez expliqué la bonne technique. Malgré tous vos efforts, il faudra lui laisser le temps d’apprendre pour qu’il joue sous les 80 coups. Pire, si vous ne tenez pas compte de sa progression, et que vos conseils sont trop techniques pour lui, il abandonnera le golf.

FOOORRRREEEE!

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