
Dans le livre Le grand mensonge vert, nous consacrons un chapitre complet sur la question des étiquettes carbones. Tel qu’anticipé, le Québec se lance dans un programme ambitieux.
Hier, le MDEIE a annoncé le lancement d’un programme de subvention de 24M$ sur trois ans pour aider les entreprises à quantifier leurs émissions de gaz à effet de serre (GES) et obtenir une certification d’empreinte carbone.
Au cours des prochains mois, 10 entreprises participeront à une phase pilote pour évaluer différentes méthodes de certification. Le ministère a mis en ligne le site Empreinte carbone Québec pour présenter le programme et informer le public de l’avancement des projets.
Le programme sera ensuite officiellement accessibles aux entreprises qui désirent y participer à partir de la fin de l’année 2012, voire au début 2013. Au total, une entreprise aura droit à une subvention pouvant atteindre 40 % de ses dépenses jusqu’à concurrence de 150 000 $.
Vous pouvez écouter un reportage sur le sujet à l’émission Classe économique à Radio-Canada diffusée lundi le 27 février 2012.
Pour ceux qui sont intéressés à en savoir plus, je vous invite à me contacter directement.
Une bonne nouvelle?
Jusqu’à présent, je sens énormément de scepticisme sur ce type d’initiative, tant dans la communauté d’affaires que chez les consommateurs. Pourtant, à mon avis, il s’agit d’un programme qui un potentiel très intéressant pour réduire les émissions de GES.
Pourquoi?
Parce que contrairement à une taxe ou à un marché de carbone, où il est question de mettre un prix sur les GES, une étiquette carbone consiste à rien d’autre que la transparence totale. Dans l’exemple ci-dessous, on constate qu’un jus d’orange a une empreinte carbone de 260g de CO2 équivalent comparativement à 360 g pour l’autre marque.

Pour le consommateur:
il peut faire le choix en toute connaissance de cause.
Pour les fabricants:
pour la première fois de leur histoire, ils sont évalués sur autre chose que le prix, la qualité ou le service à la clientèle. Il y a donc un incitatif de différentiation qui stimulent la course aux réductions de GES.
Pour le Québec:
C’est un moyen extraordinaire pour mettre en valeur notre grille énergétique composée à plus de 90 % d’énergies renouvelables, particulièrement sur les marchés d’exportation. À moyen terme, cela pourra contribuer à attirer des entreprises ici parce qu’elles veulent profiter d’une énergie plus propre.
Aussi faut-il souligner que les organisations qui sont réellement performantes peuvent enfin, et de manière crédible, se démarquer de tous les messages à saveur de greenwashing qui existent.
Suis-je le seul à trouver qu’il y a plus d’avantages que d’inconvénients avec cette initiative? Qu’en pensez-vous?