Dans le cadre de la 5e édition du Festival de l’environnement de la Côte-Nord, Louise Savard et Michel Plourde, les animateurs de l’émission L’encre des jours à Radio-Canada ont fait une table ronde sur le thème du Grand mensonge vert avec Steven Guilbeault.
Ça s’est passé le vendredi 13 mai dernier en direct du Toi, Moi & Café de Sept-Îles. Vous pouvez écouter l’émission ici. (Le segment se trouve plus particulièrement dans la 2e partie)
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Mélanie m’a raconté qu’elle avait un problème morale avec sa consommation d’eau embouteillée:
«Il y a quelque temps, je te questionnais à savoir si tu connaissais une compagnie qui vendait une machine à gazéifier l’eau…maintenant la machine est disponible au Canada et elle se vend dans un seul magasin (Boutik Électrik). Et il paraît que ça se vend comme des pains chauds…
Notre cas: On a acheté la plus cheap à 130$ et c’est génial.
Contexte: Tout d’abord, nous ne consommons pas d’eau embouteillé normale car c’est ridicule…. mais qu’en est-il si on veut de l’eau gazéifiée?
Au début , nous consommions environ 8 bouteilles d’eau Perrier par semaine (750ml )…donc 6 litres par semaine.
Après, nous nous sommes dit: « on devrait acheter de l’eau pétillante d’ici»…donc on s’est mis à acheter environ 8 bouteilles d’eau Eska à environ 2$ chacune…soit 16$ par semaine environ.
Au final, on constatait que c’était absurbe de voir notre bac de recyclage remplit et de payer 16$ par semaine pour de l’eau avec des bulles…
C’est là que je me suis mise à la recherche…On a finalement acheter la machine qui n’a pas besoin d’énergie pour s’alimenter (pas de courant, pas de batterie).
On prend l’eau du robinet et voilà!
Au total, il «n’y a plus vraiment d’impact sur l’environnement» car à part la production de la machine et de la bombone, on peut faire remplir notre bombone (20$ pour environ 60 litres)….donc si je consomme 6 litres par semaine, ça me coûte 2$ au lieu de 16$(88% en économie$), pas de bouteille au recyclage, eau du robinet, pas d’énergie,….maintenant, il faudrait une analyse de cycle de vie, mais je doute que l’étude pourrait s’avérer négative…Voici le lien à la compagnie Soda Stream.
Qu’en penses-tu?»
Ma réponse:
«Ça semble en effet être probablement une meilleure option. Mais je n’irais pas jusqu’à dire que «On a finalement acheter la machine qui n’a pas besoin d’énergie pour s’alimenter». Il faut de l’énergie pour remplir les cartouches de gaz (pour alimenter un compresseur d’air), et il faut de l’énergie pour les déplacements de votre maison au centre de remplissage des cartouches. Cela dit, là où vous êtes gagnant, c’est que c’est moins lourd de transporter cette petite bombones que des bouteilles remplies.. d’eau! Et vu qu’une cartouche produit l’équivalent de 10 semaines de bouteilles d’eau, le nombre de déplacement vient d’être significativement réduit.
On peut aussi valider ce raisonnement du point de vue économique: ta solution représente une économie de 14$ par semaine. On peut donc croire qu’au bout de 10 semaines seulement, tu auras repayé le prix de la machine (130$). S’il y a une économie aussi évidente, c’est probablement parce que les coûts sont moins importants, ce qui pourrait indiquer que la solution est plus efficace (moins de matériaux, d’énergie, de gaspillage, etc.).»
Dilemme sur les dimensions sociale et environnementale
Mélanie ne s’est cependant pas arrêtée là. Elle a poussé ses recherches après avoir reçu mon courriel. Voici ce qu’elle a découvert:
«Il y a effectivement une consommation d’énergie pour remplir la bombone ainsi que pour le transport. En plus, la distance entre les points de chute pour remplir la bombone est grande…seulement deux magasins Boutik Électrik au Centre-Ville, ensuite, il faut aller soit à Laval ou Boucherville. Nous avons d’ailleurs acheté deux bombones pour éviter le déplacement.
Une fois qu’elles sont vides, on les retourne au magasin car elles sont réutilisables et ce dernier situé nous donne de nouvelles bouteilles. Évidemment, étant donné qu’on habite dans l’est de Montréal, c’est là que nous pouvons prévoir les déplacements….c’est-à-dire de combiner nos actions (achats, rendez-vous, travail, autre) en un seul temps lorsqu’on va au Centre-Ville, afin de minimiser les déplacements.
Une question demeure: et les bombones, où sont-elles produites et remplies ? J’ai vérifié sur la bouteille, et cela porte à confusion car on indique trois endroits (Canada, États-Unis, Mexique). Alors, j’ai appelé à la compagnie (1-877-436-5866) Eco Stream Canada. Et la réponse m’a vraiment refroidit, notamment pour la dimension sociale de l’achat du produit.
La machine et la bouteille de gaz sont produites en Israël. La bouteille de gaz est ensuite envoyée à Winnipeg au Canada où elle se fait remplir. Par la suite, à chaque fois que je retourne ma bouteille vide, elle sera envoyée à Winnipeg pour être remplie…
Étant donné que je suis contre les choix politiques d’Israël et de ses colonies qui envahissent le territoire palestinien, je boycotte les produits d’Israël (lorsque je connais son origine bien sûr, voir www.boycottisraelinternational.org). Je suis donc très perplexe. Ceci démontre la tension qui peut exister entre les dimensions sociale, écologique et économique. À mon avis, du point de vue social, ça ne vaut pas grand chose. Sur le plan écologique, le transport est tout de même signifiant même si le transport d’une boutielle de gaz équivaut au transport de 80 bouteilles de Perrier.
Pas facile de faire des choix éclairés lorsqu’on tient compte de trois dimensions du développement durable..et notamment des orientations culturelles.»
Du point de vue de l’analyse de cycle de vie (ACV), ce genre de dilemme n’est pas tranché sur une base scientifique. Il s’agit plutôt de faire des choix en fonction de vos valeurs… ce qui n’est pas nécessairement facile.
N’hésitez pas à partager vos expériences en m’écrivant ici.
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Dans le Journal de Montréal, une série d’articles s’attaquant aux sacs réutilisables a été publié récemment.
1. Réutilisables, mais pas recyclables (30 janvier)
2. Des sacs en partie toxiques (31 janvier)
3. Les bactéries dans vos sacs (1er févier)
Ces textes ont le mérite de faire la lumière sur un sujet qui, jusqu’ici, semblait être une solution incontestable.
On peut apprend donc que les centres de tri doivent systématiquement détourner vers les sites d’enfouissement les sacs réutilisables arrivés en fin de vie parce qu’ils sont conçus avec des matériaux difficilement séparables (tissus, plastiques, oeillets métalliques, coutures, etc.).
Une analyse d’une vingtaine de sacs différents révèle aussi que le quart contient du plomb dans la peinture en quantité qui pourrait être jugée toxique. De plus, on apprenait que la majorité des sacs analysés contenaient un niveau élevé de bactéries, «assez pour rendre potentiellement quelqu’un malade», selon un chercheur.
Devant ces informations, on peut se demander si les sacs réutilisables sont plutôt une nuisance ou une solution?
L’ACV des sacs de caisse
En 2004, une analyse du cycle de vie comparative des sacs de plastisques et des sacs réutilisables, commandée par l’ADEME, a été réalisée en France.
La principale conclusion? Le facteur le plus significatif pour réduire l’impact environnemental est le nombre de fois que le sac est réutilisé. Ainsi, pour être supérieur au sac jetable, le sac en plastique (PE) réutilisable doit servir au moins 4 fois. Dans le cas où les sacs jetables étaient auparavant réutilisés comme sacs poubelles, le sac réutilisable demeure une meilleure alternative si l’on s’en sert 7 fois ou plus (malgré le fait d’acheter des sacs en plastique pour compenser).
Intéressant, non?
Mieux encore, la question de la fin de vie est également abordée dans cette étude exhaustive et révisée par un comité d’experts indépendants. Ainsi, les auteurs évaluent le scénario où tous les sacs réutilisables sont jetés en fin de vie. Résultat: pas grand changement. Il faut encore se servir du sac au moins 4 fois pour qu’il soit une meilleure alternative! Bref, pas de quoi alerter toute la population.
En revanche, le Journal de Montréal n’a pas pris en compte les risques plus élevés d’abandon des sacs en plastique jetables, qui se retrouvent davantage dans les rues, les cours d’eau, etc.
Parmi les conclusions, on apprend aussi que le transport des sacs a un impact négligeable. Par conséquent, le fait qu’ils sont fait en Asie n’est pas un critère déterminant. La question de la toxicité n’est pas abordée. On peut se douter que le risque n’est cependant pas réservé aux sacs réutilisables. Les sacs jetables contiennent eux aussi des peintures, mais aucun n’a été testé.
Comment faire mieux?
Le Journal de Montréal a toutefois démontré qu’il était possible de faire mieux.
D’une part, je serai curieux de savoir le nombre de fois moyen qu’un sac réutilisable est réellement réutilisé. D’autre part, il serait temps d’écoconcevoir ces sacs pour éviter le mélange des matériaux et faciliter le recyclage. Les solutions existent, mais un effort devra être fait de la part des détaillants.
En réponse à la question lancée par Jean-Claude Cousineau sur son blogue (est-ce mieux d’utiliser des sacs pendant 5 ans et de les jeter ou prendre 350 sacs jetables par année?), la réponse apportée par l’étude de l’ADEME est catégorique: le sac réutilisable est la meilleure option sur le plan environnemental, et de loin.
Reste la question des bactéries qui est, à mon avis, inquiètante. En ce sens, il me semble que les sacs en tissu sont plus facilement lavables, mais plus difficilement recyclables. Ce n’est pas faute d’usines de recyclage au Québec, mais bien par manque d’accès à cette filière pour le consommateur moyen. À l’image des programmes de reprise de peinture et de piles, les détaillants pourraient offrir à leurs clients de reprendre les vieux sacs, voire en profiter pour offrir un rabais sur leur remplacement. Chose certaine, il faudra faire mieux pour sensibiliser les gens à l’importance de bien les laver.
Comme dans tout processus de changement, l’introduction des sacs réutilisables requiert une période d’apprentissage. Le recyclage, bien qu’imparfait de la manière dont il est effectué actuellement, est une solution incontournable dans toute démarche de développement durable. Ce que cette série d’articles confirme, c’est qu’il sera nécessaire de créer des produits de meilleure qualité (plus durables), qui se recyclent perpétuellement en boucle fermée, et que les consommateurs doivent apprendre à laver et à réutiliser le plus souvent possible leurs sacs de caisse.
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Cette fois, c’est BMW qui s’y met dans La Presse d’aujourd’hui. Luc nous a fait suivre le titre de la pub (page A16):
«Cette année, passez un Noël vert»
Comment? Dans un énorme véhicule utilitaire sport (VUS) de BMW.
Ce qu’il a de vert? Il serait le plus éconergétique de sa catégorie… à 8 et quelques litres aux 100 km (sur l’autoroute)!
Je me demande réellement ce que cherche à faire le responsable du marketing ici? Pense-t-il réellement vendre plus de ce produit avec une annonce de VUS à saveur écologique?
Si oui, c’est une erreur. Car s’il vise à donner bonne conscience à l’acheteur potentiel de son véhicule, il se trompe de cible (rappelez-vous des 6 types de consommateurs dans le livre, l’acheteur de VUS n’est pas très sensible aux questions environnementales).
Par ailleurs, s’il cherche à donner un argument en faveur de la meilleure consommation d’essence de ce VUS, pourquoi ne met-il pas de l’avant l’argument économique? J’ai l’impression qu’ainsi, le message serait plus pertinent pour sa clientèle cible!
Bref, non seulement cette pub tombe dans le maquillage vert (encore!), mais je doute de son efficacité réelle.
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Dans un texte publié dans Voir.ca cette semaine, je propose le test des générations.
Le test consiste à vous poser la question suivante: «De tous vos achats effectués au cours des cinq dernières années, le(s)quel(s) sont utiles, pratiques, solides, bien conçus, avec des matériaux sains, de qualité et durables, suffisamment pour que vous les passiez à vos enfants, voire à vos petits-enfants?»
La plupart des gens me répondent: pas beaucoup, ou encore: essentiellement des objets qui m’ont été donné par mes grands-parents. La chaise IKEA? Impossible. Le couteau Starfrit? Une blague.
Dans le livre, je parle de la chaise pour bébé que nous avons trouvé, la STOKKE TRIPP TRAPP.
Outre le fait qu’elle est design, simple, fait de seulement deux matériaux (du bois et de l’acier), elle est surtout multifonctionnelle: elle s’adapte tout au long de la vie de l’enfant pour éventuellement devenir une chaise pour adulte!
Je suis tombé par hasard sur un autre produit qui passe haut la main le test des générations: un briefcase. Contrairement à la STOKKE, qui a un look hors du commun, le briefcase Saddleback Leather se veut un classique (donc indémodable).
L’entrepreneur qui a fait ce produit l’a conçu avec un seul objectif en tête: que vos descendants se battent pour l’avoir à votre décès! Il croit tellement en cette idée qu’il propose sa garantie de la façon suivante:
«All of our products are fully warranted against all defects in materials and workmanship for 100 years. If you or one of your descendants should have a problem, send it back to me or one of my descendants and we’ll repair or replace it for free or we’ll give you a credit on the website (be sure to mention the warranty in your will)»
100 ans! et il ajoute: assurez-vous d’inclure la garantie dans votre testament!!!
On pourrait vite croire à l’exagération (après-tout, qui nous dit que son entreprise existera encore dans 100 ans). C’est pourquoi le site Web entre dans les détails sur les choix de qualité qu’il fait en tant que fabricant pour s’assurer que son produit soit le plus durable possible. Personnellement, c’est exactement ce que je veux savoir quand je cherche un produit.
Le pire, c’est que ses sacs n’ont pas été écoconçus, et il n’est nul part question d’environnement sur son site. Mais il applique les principes sans le savoir. Bien sûr, il pourrait s’améliorer encore, mais il entre déjà, pour moi, dans la catégorie des produits à favoriser.
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Plusieurs me l’ont demandé, la voici…
Depuis ce matin, vous pouvez économiser près de 25% avec la version numérique du livre Le grand mensonge vert.
Bonne lecture.
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Je reproduis ci-dessous un billet publié originalement en 2007 –mais toujours d’actualité– qui vise à réduire les impacts des achats de cadeaux de Noël. Bon magasinage!
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Le temps des Fêtes est une période faste pour notre société de (sur)consommation. Plusieurs écologistes militent pour éliminer les échanges de cadeaux. Ce n’est pas mon cas.
Il faut l’admettre, les cadeaux font plaisir, autant à donner qu’à recevoir. Mais, de tous les cadeaux que vous avez reçu dans votre vie, combien étaient inutiles? Combien ne correspondaient pas à vos goûts? Combien avez-vous conservé sans jamais vous en servir?
À l’origine, Noël est une fête axée sur le partage. À mon avis, les valeurs, les traditions et la famille sont les vrais cadeaux que l’on s’échange.
Personnellement, j’aime donner des cadeaux «durables», c’est-à-dire où l’amour et l’amitié priment sur le matériel. Voici des idées cadeaux qui pourraient vous inspirer:
– Un cours de cuisine, de dégustation de vin (ou de thé, ou de …), de dance, de musique, de photographie, de peinture… L’idée est de prendre le cours ensemble, de sorte à ce que vous passiez un bon moment.
– Une photo de famille: profitez du fait que toute la famille est ensemble pour aller faire prendre une photo professionnelle. Achetez un cadre et offrez un souvenir inoubliable à vos proches.
– Des billets pour un spectacle: théâtre, danse, opéra, orchestre symphonnique, improvisation, une exposition… que des excuses pour passer de bons moments ensemble.
– Des coupons d’aide pour des travaux à la maison: nous hésitons souvent à demander l’aide de nos proches pour faire de petits travaux, comme peinturer, refaire la clôture, cuisiner des petits plats, ranger le garage, etc.
– Un souper ou un brunch
– Un livre ou un disque que vous avez dans votre bibliothèque
– Un voyage (pas nécessairement en avion!)
– Un massage, une session de Yoga, une séance de relaxation, etc.
– Une journée en plein air, de ski alpin, de ski de fond, de patins ou de raquette (louez l’équipment s’il le faut)… et n’oubliez pas le chocolat chaud.
– Une sortie de pêche sur la glace
– Un après midi avec un magicien (très populaire auprès des enfants)
– Faites un film! L’an dernier, j’ai trouvé des dizaines de vieux films 8mm dans le sous-sol de mes parents. Nous ne les avons jamais regardé parce que nous n’avons plus l’équipement nécessaire. J’ai donc fait transférer les films sur un DVD, et j’en ai remis des copies à toute la famille. Souvenirs et émotions fortes garantis. Vous pouvez aussi faire votre propre film…
Bref, vous avez compris le principe. Trouvez le moyen de passer du temps ensemble, de partager des souvenirs et de créer des moments magiques.
Comme le dit l’annonce de carte de crédit:
Un cadeau quelconque (qui ira à la poubelle), 40$;
Un moment inoubliable, ça n’a pas de prix!
Mise à jour: L’Union des consommateurs a mis en ligne, à l’occasion de la journée sans achat, un certificat d’exemption de cadeau. J’adore! Un bon moyen pour dire à vos proches que c’est OK de pas vous faire un «vrai» cadeau!
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